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Defymed : Défier le diabète

Dans quelques années, la vie des malades du diabète devrait s’améliorer grâce à une startup installée dans la pépinière d’entreprises de Hautepierre à Strasbourg.

Avec 415millions de patients aujourd’hui et 592millions à l’horizon 2035, le traitement du diabète est un enjeu de santé mondial. C’est le défi auquel s’est attaquée Defymed, une startup fondée en 2011 par Séverine Sigrist, ex-chef de laboratoire au Centre Européen d’Étude du Diabète (C.E.E.D). «Nous avons mis au point deux dispositifs médicaux qui devraient améliorer le confort des patients, les rendre plus autonomes et surtout mieux réguler leur taux de glycémie», explique Richard Bouaoun, directeur des opérations de la startup de onze personnes.

© 128dB

Un traitement pour chaque type de diabète

Leur première innovation, un pancréas bioartificiel nommé MailPan®, intéresse les diabétiques de type 1 (10% des malades) dont le pancréas ne produit pas d’insuline. L’implantation d’un pancréas bioartificiel sous forme d’une poche, d’un diamètre plus petit qu’un CD, chargée avec des cellules sécrétrices d’insuline (d’origine souches ou autres), devrait éviter au diabétique de s’injecter l’insuline de façon pluriquotidienne. Résultat, moins de douleurs, plus de discrétion et surtout une régulation automatique du taux de glucose.

Le MailPan® est en phase préclinique dont le but est de tester plusieurs candidats de cellules sécrétrices d’insuline, afin de choisir celle(s) qui rentreraient en phase clinique chez l’homme, dans un deuxième temps. La seconde innovation, un dispositif de délivrance d’insuline nommé ExOlin®, est destinée aux diabétiques de type 1 et à près de 20% des diabétiques de type 2 (90% des malades) qui sont sous traitement insuline.

Dans ce cas, les diabétiques utiliseront leur dispositif de délivrance d’insuline externe habituel (stylos ou pompes), mais au lieu d’être délivrée sous la peau, l’insuline devrait être délivrée dans un site bien plus physiologique. Les essais sur l’homme devraient débuter en 2018 pour une mise sur le marché d’ici 4 ans, mais la startup a encore besoin de 10millions d’€ pour mener à bien ces études en cours pour les deux dispositifs médicaux.

Innovation ouverte à des collaborations extérieures

«Notre philosophie, c’est l’innovation ouverte, c’est-à-dire avec des collaborations extérieures pour aller plus vite», observe Richard Bouaoun. Defymed a déjà répondu à plusieurs appels à projets lancés par la Commission européenne qui ont permis de récolter 12,5millions d’€.Elle bénéficie de l’aide du service Enterprise Europe Network (EEN) de la CCI pour trouver des partenaires: d’une part en diffusant une fiche profil anonyme dans une base de données européenne et en participant à des événements comme le 5ème «EU Brokerage Event».

Un pancréas bioartificiel  MailPan® sous forme d’une poche, d’un diamètre plus petit qu’un CD, devrait éviter au diabétique de s’injecter l’insuline de façon pluriquotidienne. © Defymed

Organisé à Strasbourg par EEN le 17octobre, il a réuni 300 personnes issues de 22 pays sur le thème des nanotechnologies, des matériaux et des biotechnologies. Au programme, des ateliers et surtout des rencontres BtoB permettant d’identifier des partenaires pour monter avec eux des projets susceptibles de bénéficier de fonds européens. «Les financements sont de plus en plus compliqués à décrocher. Ce sont les meilleurs qui gagnent et nous sommes là pour leur en faciliter l’accès», conclut Isabelle Gouriou, conseillère en développement innovation à l'EEN.

P.H.

 

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