Trajectoires

Lalique : Du cristal et des hommes

Plusieurs centaines de milliers de pièces estampillées Lalique sortent chaque année de l’usine de Wingen-sur-Moder. Des créations issues de savoir-faire particuliers que l’entreprise s’attache à préserver.

© DeepDesign

Investissements, partenariats, nouveaux débouchés, Denis Mandry a toutes les raisons de se réjouir à l’aube de cette nouvelle année. Nommé à la direction de l’usine de Wingen-sur-Moder/67 le 14 février 2008, « une date symbolique », il a participé à la restructuration initiée par Sylvio Denz. Cet homme d’affaires suisse, par ailleurs PDG du groupe de luxe Art et Fragrance, a racheté l’entreprise la même année. Alors déficitaire, elle a été réorganisée dans un objectif de réduction des coûts. Sur 630 personnes, 400 sont restées dans le groupe, l’usine de Wingen-sur-Moder a été épargnée par les réductions. La logistique a été rapatriée de Seine-et-Marne, un nouveau four à bassin a été acquis, de même qu’une nouvelle moulerie. Tout en respectant la griffe du bijoutier et maître-verrier René Lalique, l’entreprise a su se moderniser et se diversifier pour renouer avec les profits. Un succès que l’on peut attribuer aussi à l’implication des employés. « La richesse de Lalique, c’est sa main-d’œuvre », souligne Denis Mandry. 230 personnes travaillent sur le site, exerçant une vingtaine de métiers différents, du conducteur de four au potier, du mouliste au verrier. « Nous devons recruter régulièrement pour affronter les départs à la retraite et le long terme. Palliant le déficit de personnels formés par l’Éducation Nationale, nous avons monté notre propre atelier de formation ». Lalique forme des apprentis en verrerie, gravure, des brevets des métiers d’art, etc.

Partenaires pour l’emploi

Illustration récente d’une nouvelle formule testée avec Alemploi, en partenariat avec Pôle Emploi et Opcalia, une formation en contrats de qualification dans les métiers du verre froid a débouché sur l’embauche de quatre personnes en CDI. La solution, en adéquation avec la demande de l’entreprise a mis en lumière l’appétence des jeunes à découvrir des métiers méconnus. Pour exemple, Michel Bertin, 24 ans, polisseur, parmi les premiers à tester la formule d’Alemploi : « Sans qualification à la base, j’ai d’abord bénéficié d’une préparation opérationnelle à l’emploi de 250heures pour me mettre à niveau, puis j’ai suivi une formation d’un an au cœur de Lalique. Très entouré par mes formateurs, j’ai également été soutenu pendant tout ce temps par la chargée d’accompagnement d’Alemploi. Je leur dois beaucoup, mais je pense que c’est aussi mon sens artistique qui a contribué à ma réussite », observe le jeune homme, très fier «d’apporter la touche finale aux produits ».

Cristal, parfum, bijoux, joaillerie et «interior design»

Pour asseoir son développement, Lalique s’appuie sur cinq piliers: le cristal, le parfum – près de 15 fragrances différentes –, les bijoux et la joaillerie, une première boutique a été ouverte à Paris, l’interior design – qui va jusqu’à des incrustations de cristal dans les maisons – et l’art – des pièces travaillées pour de grands artistes contemporains ou des fondations. D’autres projets sont annoncés par Denis Mandry, dont le lancement de la transformation de la Villa René Lalique en Relais et Château de six chambres avec un restaurant gastronomique étoilé, entièrement décoré par Lalique et l’achat du Château du Hochberg qui sera transformé en hôtel de 17 chambres avec une brasserie de 100 couverts. De nouvelles vitrines du savoir-faire de Lalique qui devraient donner un coup de jeune au tourisme et à l’économie de la région. À suivre… FH

 Polisseur chez Lalique

Infos+

Lalique, le fleuron de la cristallerie française en chiffres

.  230 personnes à Wingen-sur-Moder,
. 85 à Paris
. des filiales à New-York, Singapour, Hong-Kong, Londres…
.  près de 70 boutiques de par le monde, 50 en franchise, 20 en nom propre,
.  1 200 points de vente.

Chiffre d’affaires 2013 : 69,7 ME.

Le partenariat ALemploi et Pôle Emploi

Les deux organismes ont signé un accord de partenariat fondé sur la complémentarité de service, dont l’objectif est d’accompagner efficacement le recrutement des demandeurs d’emplois sur quatre grands secteurs d’activités : le bâtiment, les travaux publics, l’industrie et le tertiaire. Les deux parties se sont engagées autour de trois types d’actions : réaliser  un diagnostic régional partagé des enjeux, satisfaire les besoins des entreprises en difficulté de recrutement, favoriser la sécurisation des parcours professionnels et les reconversions des demandeurs d’emploi.

. ALemploi : les entreprises au cœur du projet
« Nous nous inscrivons pleinement dans l’accompagnement des entreprises qui peinent à recruter sur des métiers en tension ou à attirer des candidats sur leur bassin d’emploi, explique Thomas Loch, directeur d’ALemploi. Notre vocation, en tant que structure de l’économie sociale et solidaire, est de permettre à des jeunes et des demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés de se former à un métier pour accéder à un emploi durable ».

. Pôle Emploi
 «  Permettre à des entreprises de recruter de la main-d’œuvre sélectionnée sur mesure et formée à leurs besoins spécifiques  permettra aux demandeurs d’emploi de passer par une première étape d’emploi et de formation qui pourra déboucher dans un second temps sur un CDI. C’est l’ambition que nous poursuivons, en partenariat avec ALemploi, les entreprises, et  Opcalia », affirme Jean Niel, directeur de Pôle Emploi.

MRS, kesako ?
La méthode de recrutement par simulation permet d’aborder différemment le recrutement, en ne tenant pas compte de l’expérience et du niveau de diplôme. Elle est fondée sur les habilités nécessaires pour tenir un poste de travail. Les exercices proposés reproduisent par analogie le poste de travail et mettent les candidats en situation de démontrer concrètement leur potentiel à tenir ce poste.

Lalique • 5, quartier Lalique à Wingen-sur-Moder • 03 88 89 72 21 • www.cristallalique.fr