Pont-tram sur le Rhin : Construire sur une frontière

La direction Est du groupe international d’ingénierie Arcadis a piloté la conception et la maîtrise d’œuvre du pont de 290 m qui permet au tram strasbourgeois de relier les deux rives du Rhin.

Pour cet ouvrage, le groupement d’entreprises réunissait Arcadis, Bouygues TPRF, Victor Buyck Steel Construction, Lingenheld SA, Schleith et Marc Barani Architectes. Symbole de l’ouverture de l’Eurométropole vers sa voisine badoise, la construction du pont, qui enjambe la frontière, n’a pas posé de problème particulier.

«La CTS et la ville de Kehl s’étaient mises d’accord bien en amont pour qu’il soit construit selon la réglementation française, y compris nos normes antisismiques plus contraignantes que celles d’outre-Rhin», explique Didier Guth, directeur métier génie civil et ouvrages d'art chez Arcadis. En revanche, un troisième rail de guidage a été imposé par la partie allemande pour assurer l'anti-basculement. «Il aurait été ridicule de l'arrêter juste au milieu du pont», sourit Didier Guth qui insiste sur l’excellente coopération des services techniques de la ville de Kehl pour l’ensemble du chantier. Arcadis a fait appel à sa société sœur allemande pour réaliser les études des soutènements côté kehlois, dans le prolongement de l’ouvrage.

Acheminés sur le chantier par voie fluviale, les deux tabliers du pont bow-string ont été ensuite préparés sur la rive allemande. © AIRDIASOL Rothan / Architecte: Marc Barani

Pas plus compliqué, ni plus cher qu’un autre

«Il a fallu prévoir une largeur supplémentaire du pont de 70cm pour permettre un cheminement des passagers en cas de panne, car pour les Allemands, la piste cyclable ne pouvait suffire», explique Alain Giesi, directeur général adjoint en charge du développement et de l’innovation à la CTS. Pour lui, même s’il a fallu faire face à quelques difficultés administratives particulières comme le droit du travail ou des taux de TVA différents, le chantier n’a pas été beaucoup plus compliqué qu’un autre et n’a pas donné lieu à un surcoût lié à son caractère binational.

«La principale différence se situe au niveau des appels d’offres: alors qu’en Allemagne, les entreprises sont dans l’obligation de se conformer exactement aux plans d’exécution figurant dans l’avant-projet, en France elles ont plus de latitude pour modifier certains détails sur le chantier. Cela donne plus de souplesse», observe Alain Giesi. En résumé, un chantier un peu plus difficile mais intéressant. «Il y a du bon de chaque côté du Rhin», conclut-il.

P.H.

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