Municipales et économie

Les candidats à la mairie de Strasbourg ont précisé, lors d'un débat organisé à la librairie Kléber, leurs propositions en termes de fiscalité, d’emploi ou d’orientations économiques.

Aux côtés des deux grands favoris pour la prochaine élection municipale, le maire sortant Roland Ries (PS) et sa challenger Fabienne Keller (UMP), tous les candidats étaient réunis pour évoquer le développement économique de la capitale alsacienne. Voici ce qu’on pouvait en retenir, en ôtant petites piques et débats sur les projets de la mandature écoulée.

Emplois verts d’avenir. La transition énergétique comme vecteur « d’emplois non délocalisables » pour Strasbourg, le sujet fait consensus parmi les candidats. A travers leurs programmes respectifs, ils le déclinent grâce à une « planification écologique » pour Jean-Claude Val (Parti de Gauche), avec la « création d’un pôle européen de savoir-faire sur le développement durable » pour Jean-Luc Schaffhauser (soutenu par le Front National) ou via un programme ambitieux de rénovation thermique pour François Loos (UDI). Fabienne Keller propose, en plus d’un plan d’économies d’énergies, un concept hybride d’« écosanté » pour faire de Strasbourg une « ville pionnière dans la santé environnementale. » Alain Jund (EELV) estime que son programme de rénovation thermique, prévoyant la rénovation de 1500 logements privés par an et de réhabilitation des logements vacants, permettrait de créer 1000 emplois.

Fiscalité. Tous les candidats ont réaffirmé qu’ils n’augmenteraient pas les impôts, à l’exception de Jean-Luc Schaffhauser. Il promet de les diminuer de 10%, pour les entreprises comme pour les particuliers, à partir de 2015 grâce à la diminution du nombre de jours d’absence des agents de la CUS. Et donc grâce à une économie sur leurs frais de remplacement.

Conscients de la situation délicate des municipalités, coincées entre la réduction des dotations de l’Etat et l’impossibilité d’augmenter les impôts locaux, tous partagent l’idée de « faire plus avec mieux » (Roland Ries). Pour Fabienne Keller, cela passe par le choix d’un autre tracé pour le tram D vers Kehl. « J’envisage le redéploiement de projets, comme le rallye d’Alsace ou le développement de la vidéosurveillance, voire leur suppression, à l’exemple de la rocade Sud, » a illustré Alain Jund (EELV). Quant à Jean-Claude Val (Parti de gauche), il envisage une « remise à plat de la fiscalité locale dans le cadre d’une refonte de la fiscalité nationale, basée sur la baisse de la TVA et la hausse des taux d’imposition des tranches supérieures de l’impôt sur le revenu. »

Foncier. « Lorsque les entreprises veulent s’installer en ville, elles ont besoin de locaux avec un loyer peu cher. Et il n’y en a plus à Strasbourg, » a décrété François Loos (UDI), pour annoncer une proposition pour la reconversion des friches en terrain d’accueil destiné aux nouvelles entreprises. Ce à quoi Roland Ries (PS) a répondu que sa municipalité avait créé des pépinières d’entreprises, au Neuhof ou à Hautepierre par exemple, et qu’il comptait poursuivre cette politique.

Préférence locale. Pour favoriser l’accès des TPE/PME aux marchés publics, Roland Ries a évoqué la mise en place d’un « small business act » à la strasbourgeoise : un critère de « coût carbone » serait ajouté dans les appels d’offre de la mairie afin de favoriser les entreprises locales. Une idée partagée par Jean-Luc Schaffhauser, qui ne précise pas comment il compte procéder.

Emploi. Roland Ries évoque un « pacte première expérience », pour faciliter l’accès des jeunes au monde du travail, sans plus de précisions. Fabienne Keller préfère reproduire le concept de l’Orientoscope de Mulhouse, qui aide à la formation, l’orientation et la reconversion professionnelle. Du côté de François Loos, il envisage de développer les secteurs du numérique, de l’aide à la personne, du tourisme et de l’artisanat « pourvoyeurs d’emplois ». Le soutien aux entreprises de l’économie sociale et solidaire, est évoqué par quasiment tous les candidats.

Quartier d’affaires. « Pour favoriser le rayonnement de Strasbourg, je propose la création d’un quartier d’affaires autour de la gare de Strasbourg, pour l’ouvrir à 360°, a rappelé Fabienne Keller. Le projet du Wacken serait transformé en quartier mixte. » Roland Ries a de son côté maintenu son engagement de réaliser ce quartier au Wacken, près des institutions européennes. Si le sujet n’a pas été approfondi lors du débat, François Loos plébiscite lui aussi dans son programme la création de ce quartier d’affaires, axé sur le numérique, à la gare.

L.D.