Mobilisation pour l'économie

Les Chambres consulaires et les Syndicats professionnels appellent le gouvernement à réagir sans délai, sous peine de voir le pays tout entier sombrer dans une faillite économique et sociale.

© Sergey Ilin/Fotolia

Les acteurs économiques ont le moral en berne

Les Chambres consulaires d’Alsace - Chambres de Métiers, de Commerce et d’Industrie et d’Agriculture - ainsi que les organisations syndicales patronales régionales (UPA, CGPME, MEDEF, FNSEA), pointent la gravité sans précédent de notre situation économique et tirent la sonnette d'alarme. La situation est très difficile en Alsace, tout comme dans le reste de la France, mais ce qui est nouveau et très inquiétant, c’est que le moral des acteurs économiques - entrepreneurs et consommateurs - est en berne.

Ce ne sont pas les spéculations des membres du gouvernement sur des variations à la marge de tel ou tel indice ou sur le retour hypothétique d’une croissance - très faible d’ailleurs - qui sont de nature à rassurer. Cette croissance ne peut être que le fait des entreprises et il serait temps que nos gouvernants le comprennent enfin. Les entreprises agricoles, artisanales, commerciales et industrielles créent de la richesse et de l'emploi : ce sont elles qui font vivre les territoires, en Alsace comme ailleurs.

Des entrepreneurs chaussés de semelles de plomb

Aujourd’hui nos entrepreneurs ont le sentiment qu’on les affuble de semelles de plomb et que l’on fait tout pour les empêcher de jouer leur rôle d’acteur économique. Nous sommes devenus les champions du monde la complexité administrative et des contraintes normatives (le fameux impôt papier). Nous vivons dans un climat d’instabilité avec un véritable festival de mesures nouvelles et non prévisibles, parfois annulées aussi vite qu’elles ont été annoncées. Nos entreprises et nos consommateurs sont assommés sous le poids des prélèvements fiscaux.

Chaque mois, chaque semaine, apporte son lot de nouvelles consternantes : suppression de la prime à l’apprentissage alors qu’il s’agit du dispositif le plus efficace pour mener nos jeunes à l’emploi, écotaxe discriminante entre les régions,  remise en cause de la rupture conventionnelle du droit du travail qui fait peser de nouvelles menaces sur les entreprises, menaces sur le système d’affectation de fonds à nos centres de formation régionaux… Nous vivons dans un véritable climat d'instabilité fiscale et sociale qui empêche toute visibilité pour les entreprises.

Ce n'est pas une fatalité !

A quelques pas de nous, nous voyons deux économies qui s’en sortent pourtant bien mieux dans la crise actuelle : celle de la Suisse et de l'Allemagne. Notre situation n’est donc pas une fatalité et nous ne pouvons nous résigner à la catastrophe économique et sociale annoncée. La gestion purement comptable de la crise des finances publiques ne peut se faire au dépend de l'économie réelle. Il est urgent de redonner aux entreprises les capacités à jouer leur rôle essentiel : elles doivent pouvoir redevenir le moteur d'une véritable croissance.

Baisser les charges fiscales et simplifier

Les Chambres consulaires et l'ensemble des organisations syndicales patronales d'Alsace demandent que le chantier de mise à plat fiscale, engagé par le gouvernement, prenne en compte cette vérité simple : "les entreprises pourront créer de l'emploi et de la richesse si leur niveau de charges fiscales et sociales redescend à un niveau compatible avec des capacités de développement et d'investissements". C'est la clé de l'enclenchement d'un cycle économique vertueux. Par ailleurs, le choc de simplification, trop souvent annoncé, doit maintenant se traduire dans les faits et permettre aux entreprises de se consacrer à leur fonction première qui est de produire des biens et des services et non des formulaires.

Le retour à une croissance véritable et vertueuse permettra  à la France de peser dans le concert européen pour achever rapidement et dans de bonnes conditions l'indispensable harmonisation fiscale et sociale dans l'Union Européenne. Il n'est plus temps de tergiverser. Les entreprises alsaciennes ne demandent qu'à jouer leur rôle. Qu'on leur en donne les moyens sans tarder !