Économie Badoise : Entre adaptation et impatience

Bade-Wurtemberg

Certaines ont bu la tasse, d’autres ont dû répondre à une demande exceptionnelle avec de nouvelles contraintes. Au niveau régional, le Bade-Wurtemberg oriente désormais son aide vers les plus grandes entreprises et les secteurs de l’hôtellerie et du tourisme.

Spécialisée dans les ultrasons, l’entreprise Herrmann Ultrasons  de Karlsbad s’est adaptée en répondant à des commandes spécifiques  au coronavirus. © DR«Au final, nous avons plus de commandes qu’au même moment l’année dernière. » Herrmann Ultrasons est spécialisée dans la soudure par ultrasons. La société fait partie de ces entreprises du Mittelstand. De taille moyenne et opérant dans des domaines très pointus, elles se distinguent par une forte présence à l’international. Quand les commandes d’outils pour l’automobile se sont taries, celles pour le non-tissé utilisé dans les masques et les blouses médicales ont explosé. Ce surcroît d’activité a demandé quelques adaptations, avec des roulements d’équipes « étanches » pour limiter les risques de contamination. Il a également fallu faire sans les travailleurs frontaliers, mais aussi trouver des solutions pour les clients français. « Nos clients ne pouvaient pas se déplacer pour les tests de machines, nous avons dû en confier une partie à notre site d’Etaux, en Haute-Savoie. »
Toutes les entreprises n’ont pas connu une période aussi faste. La première salve d’aides du Land du Bade-Wurtemberg visait principalement les PME
et les indépendants et n'avait que partiellement concerné les entreprises de taille moyenne. Une nouvelle tranche d’aides pour les entreprises comptant entre 51 et 100 employés leur est destinée, avec des aides allant jusqu’à 50 000 €. Pour les plus grosses structures, le Land du Bade-Wurtemberg prévoit un fonds de participation temporaire doté d’1 milliard €, afin de garantir leur solvabilité. Enfin, la région attend beaucoup d’une éventuelle prime à l’achat pour le secteur automobile, qui est également en discussion au niveau fédéral à l’heure où nous bouclons cet article. L’enjeu pour Thomas Herrmann : « faire en sorte que l’activité reparte avant que les commandes spécifiques à la crise du coronavirus ne s’étiolent ».

Des mesures supplémentaires pour l’hôtellerie et le tourisme

Parmi les professionnels les plus touchés, ceux du tourisme. Ils sont les derniers à avoir été « déconfinés ». La Deutsche Reiseverband (union des voyagistes allemands) estime le manque à gagner pour ces presque trois mois à 11 milliards €.
Les hôtels ont pu rouvrir le 29 mai, sous réserve de respecter les règles de distanciation physique et de faire porter un masque à leurs clients. Certains établissements comme « Der Kleine Prinz » à Baden-Baden ont bien tenté de mettre en place une formule « home office » pour compenser le manque de touristes, sans grand succès. Le directeur de l’hôtel Thomas Rademacher se réjouit des aides proposées par le Land du Bade-Wurtemberg (3 000 € par établissement et 2 000 € par employé), mais il n’attend qu’une chose : une reprise de l’activité. « Il n’y a que ça pour couvrir nos coûts fixes et terminer les formations des apprentis. » Au niveau fédéral, le gouvernement a décidé d’une baisse de TVA de 21 à 7 % pour les restaurants jusqu’au 1er juillet 2021.
> Pierre Pauma

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