TITAN-E ET KTUR : petites innovations et grandes idées entre voisins

L’innovation est une compétition permanente, mais cela n’exclut pas la coopération. Deux projets Interreg misent sur la mise en réseau des entreprises et leur rapprochement avec le monde de la recherche. 

Haut lieu de rencontre entre les entreprises et les chercheurs, l’Innovation Day de l’Université de Strasbourg sera, en 2022, un événement trinational. © Anthony LatourUn concours d’innovation bâlois désormais ouvert aux candidatures alsaciennes et badoises, et enrichi d’un jury trinational. Ce sont les initiatives comme le concours i4Challenge que Frank Rotter souhaite valoriser. « Chaque région a réalisé de belles choses individuellement. Il faut pouvoir les ouvrir à ses voisins et transposer les réussites régionales au niveau trinational », abonde le directeur de la coopération transfrontalière à la CCI. C’est précisément ce que prévoit TITAN-E. 2,5 millions € de budget pour mettre en place une stratégie commune en matière d’innovation et mobiliser les entreprises sur des projets européens. Pour que Français, Allemands et Suisses s’organisent dans une mécanique fluide, il faudra mettre beaucoup d’huile dans les rouages. TITAN-E prévoit de recenser les FabLabs existants en France, en Allemagne et en Suisse, et veut créer des outils de veille économique et de collecte de données à destination des entreprises et des décideurs.

Le projet doit aussi encourager les entreprises à s’emparer des thématiques frontalières, où les institutionnels se sentent parfois un peu seuls. Une première phase de consultation est en cours avec le lancement d’un questionnaire en ligne qui vise à connaître les besoins des entreprises.* 

De la recherche à l’innovation avec KTUR 

Si la nécessité d’un rapprochement entre le monde de la recherche et celui de l’entreprise est acté, Interreg VI veut désormais lui donner une dimension trinationale. C’est le but du projet Knowledge Transfer Upper Rhine (KTUR) porté par l’Institut de Technologie de Karlsruhe. Avec un budget total de 3,9 millions €, il met l’accent sur le transfert de technologie et l’entrepreneuriat à l’université. Vice-président de l’Université de Strasbourg, Michel de Mathelin est convaincu qu’un cadre international est parfait pour passer de la recherche fondamentale au projet d’entreprise : « Avant de vous lancer, vous regardez d’abord s’il y a un marché. Et dans le domaine des technologies, ce marché a directement une dimension internationale… Donc c’est une excellente occasion de tester son idée auprès de marchés étrangers et d’échanger sur les différentes pratiques d’un pays à l’autre. »

Comme TITAN-E, KTUR mutualise les formats qui ont fait leurs preuves localement. Ainsi, la quatrième édition de l’Innovation Day aura toujours lieu à l’Université de Strasbourg en avril 2022, mais avec des invités allemands et suisses. « Il y a deux ans, les acteurs de l’innovation de part et d’autre de la frontière existaient, mais ne se connaissaient pas forcément, se souvient Michel de Mathelin. Aujourd’hui on s’oblige à penser transfrontalier, ce qui est totalement nouveau. » KTUR proposera aussi ses propres événements, comme son module de formation continue dédié à l’intelligence artificielle ou une université d’été consacrée à l’entrepreneuriat qui a fait étape en 2021 à Strasbourg, Bâle et Fribourg. > Pierre Pauma
* survey.fhnw.ch/uc/TITAN-E/?a=2

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