Strasbourg Place Financière et tertiaire : une approche bienveillante pour les chefs d’entreprise en détresse

Association réunissant plus de 130 acteurs du monde financier local 

Justine Schoettel Présidente d’APESA 67 (Aide Psychologique aux Entrepreneurs en Souffrance Aigue) et vice-présidente d'APESA FRANCE © DRUne approche bienveillante pour les chefs d’entreprise en détresse

Comment est née votre association ?

L’APESA a été créée par Marc Binnié, greffier au Tribunal de Commerce de Saintes, et Jean-Luc Douillard, psychologue clinicien, à partir d’un constat : il n’existe aucun dispositif d’aide aux entrepreneurs en souffrance psychologique. Un chef d’entreprise en détresse ne demande pas d’aide, il ne fait pas part de sa souffrance et cela peut le conduire au suicide. APESA a donc constitué un réseau national de sentinelles. Il s’agit principalement de greffiers, magistrats, mandataires de justice, experts-comptables, juges consulaires… qui, après une formation d’une demi-journée, sont en mesure de déclencher une procédure d’alerte lorsqu’ils sont confrontés à ce type de situation. Ils sont 129 en Alsace.

Comment aidez-vous les chefs d’entreprise en situation de détresse psychologique ?

Lorsqu’une alerte est déclenchée par une de nos sentinelles, le chef d’entreprise est contacté par téléphone dans un délai maximum de 24 heures, mais souvent dans l’heure qui suit, afin d’évaluer la gravité de sa situation. Si nécessaire, il est ensuite pris en charge gratuitement et en toute confidentialité par un de nos psychologues spécialisés lors de cinq séances, voire plus si nécessaire. C’est une vraie cellule de « gestion de crise » qui est mise en œuvre pour éviter un passage à l’acte. Le dispositif peut aussi concerner le conjoint du dirigeant. Depuis la création de nos antennes bas-rhinoise en 2019 et haut-rhinoise en 2020, nous avons détecté 133 dirigeants « à risque », dont 101 ont bénéficié d’une prise en charge psychologique.

Parmi les phrases clés de votre dispositif figure la question « Et vous personnellement comment allez-vous ? ». Pourquoi cette question ?

Dans le cadre d’une liquidation judiciaire par exemple, le dirigeant est interrogé en tant que chef d’entreprise, mais personne ne s’intéresse à lui en tant que personne. Avec cette question, nous pouvons détecter un risque suicidaire et lui permettre de s’ouvrir. Nous n’avons jamais essuyé de refus. C’est une approche humaine, bienveillante, face à une personne qui ressent de la tristesse, de la honte et même parfois un sentiment d’inutilité.
> Propos recueillis par Patrick Heulin

apesa-france.com
 @AssociationAPESAFrance

 

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