L’Alsace, terre de startups

Modèle économique à part entière, la startup conduit à de nouvelles activités et à des fertilisations croisées entre créativité et numérique. En Alsace, le terreau se veut favorable à leur croissance.

Repères

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Le nombre de territoires et écosystèmes labellisés FrenchTech

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L’estimation du nombre de startups créées chaque année à ParisSource: La Tribune www.latribune.fr

 

L’Alsace se caractérise par un tissu étoffé de leaders internationaux reconnus dans des secteurs d’activité variés, mais aussi de PME et d’ETI qui exercent dans des domaines d’excellence. À travers leur croisement avec le numérique, ces entreprises constituent un terrain favorable à la naissance de startups innovantes. Numérique, biotech, économie collaborative, industrie, quel que soit le domaine d’activité, toutes ces startups portent en elles l’ambition de capter la valeur d’un marché. Au cœur de l’Europe, proche de l’Allemagne et de la Suisse, notre région dispose des atouts nécessaires à l’accélération de la croissance des startups à l’international. Le projet de Campus européen et son objectif de faciliter les passerelles entre les universités allemandes et alsaciennes, les nombreuses coopérations internationales des pôles de compétitivité, ainsi que l’organisation de grands événements témoignent notamment de notre capacité à créer des coopérations européennes.

La French Tech, une ambition collective pour les startups

Visant l’émergence de champions numériques de niveau mondial, l’initiative gouvernementale French Tech traduit la mobilisation et la détermination du territoire et de ses acteurs à faire valoir leur capacité d’innovation et de coopération dans le domaine de l’économie numérique. Le portage du dossier de candidature au label par le Pôle métropolitain Strasbourg-Mulhouse s’est imposé comme une évidence. «La French Tech a fait asseoir les gens autour de la table et fait comprendre qu’il fallait faire quelque-chose pour développer le tissu d’entreprises. En Alsace, on pense trop souvent que le numérique ce sont des logiciels qui font que les entreprises tournent mieux. On ne prend pas encore suffisamment en compte l’impact des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication)», observe Stéphane Becker, co-fondateur de la Plage Digitale à Strasbourg (deux espaces de co-working ouverts à tous). Pour la CCI de Région Alsace, qui accompagne le dispositif French Tech, «il ne faut pas se cantonner à l’économie numérique, mais à tous les secteurs d’activité», souligne Jean-Marc Kolb, directeur de l’économie numérique à la CCI de Région Alsace. «Notre rôle est d’écouter et d’analyser le projet en phase de création, avant de lui proposer un accompagnement adapté, soit par les conseillers spécialisés dans le secteur d’activité ou par l’équipe économie numérique». Labellisé pour la thématique «technologies médicales», le territoire maintient une ambition forte pour l’industrie 4.0. Strasbourg et Mulhouse disposent, par ailleurs, de deux bâtiments totems: le Shadok, fabrique du numérique à Strasbourg, en activité depuis plusieurs mois, le KM0 à Mulhouse dont le top départ a été lancé fin octobre 2015. Véritables sources d’innovation, d’expérimentations et d’échanges, ces lieux (mais il en existe d’autres comme la Fabrique, le 34, les Fablabs et les Techlabs alsaciens) devraient favoriser la création de startups, y compris dans des secteurs peu propices à l’entrepreneuriat et, au final, faire émerger des champions.

© Nis&For

Une organisation temporaire

Quelles sont les conditions à réunir pour être qualifiée de startup? Stéphane Becker, le fondateur d’Alsace Digitale nous livre une définition empruntée à Steve Blank, entrepreneur, fondateur du « Lean Startup » et professeur à Stanford: «Une startup est une organisation temporaire à la recherche d’un business model répétable et «scalable» (évolutif)». « C’est une entreprise à même de grandir rapidement, à l’instar de Facebook, passé de 100 à 200millions d’utilisateurs, en rajoutant quelques serveurs, avec peu d’impact sur le personnel», commente-t-il. Les entreprises en construction, qui ne sont pas encore lancées sur le marché commercial ou seulement à titre expérimental, sont aussi des startups. Elles sont en phase plus ou moins longue de développement d’un produit, de test d’une idée, de validation d’une technologie ou d’un modèle économique. La startup doit passer par là pour comprendre l’environnement de ses clients et ainsi surmonter l’incertitude inhérente à tout projet innovant.

Le 34, espace de co-working du Technopôle de Mulhouse © Serge Nied / Studio Chlorophylle

Innovation ou tradition, où est la raison?

Design industriel, création de valeur et de service, ingénierie, marketing, etc., autant de composantes indispensables au succès d’une startup. Intervenant au salon i-Novia, Vincent Minery, le fondateur de «Innovation In Design», a donné ses recettes aux participants en quête d’innovation. Sa méthode se décompose en quatre points: appréhender le sujet (en se posant les bonnes questions sur les manques et dysfonctionnements d’usage), anticiper (imaginer les pistes de prospection), valider (via des études marketing) et consolider. Et d’ajouter: «L’innovation, on en parle tous les jours, au travail, à la maison. Si on n’a pas envie de rester sur le bas-côté, il va falloir s’y mettre». Innovation indispensable donc si on ne veut pas suffoquer, obligatoire aussi, car on risque d’être détrôné. Tôt ou tard, un produit traditionnel qui marche se trouvera face à des concurrents qui feront la même chose et mieux. Luc Soler, le dirigeant de Visible Patient, souligne: «L’innovation permet de rebondir, elle peut être risquée, car au début on peut se tromper. L’important est d’avoir une motivation, une philosophie de l’innovation et d’être accompagné. Il faut penser à tester les idées auprès des consommateurs, donner du temps et des ressources». « Dans le numérique, les applications évoluent à une vitesse grand V et on se rend compte qu’il y a un choc générationnel», complète Stéphane Becker. «Avec internet, on construit des choses qui vont en tuer d’autres. Il faut apprendre à pousser les murs. L’innovation est un changement de culture, il faut maîtriser le processus d’innovation, commencer par un petit bout, avoir la capacité d’accélérer ses idées et mettre ses produits sur le marché. Ce qui est important: partir de l’idée et développer un prototype». F.H.

Économie numérique • Jean-Marc Kolb • 03 88 75 25 95 • jm.kolb@alsace.cci.fr

 

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