3 questions à : Philippe Llerena

Membre titulaire de la CCI Alsace Eurométropole
Dirigeant d'ECF Services

« Les entreprises doivent s’approprier l’outil »

Philippe Llerena © DREn tant que chef d’entreprise, comment jugez-vous le compte personnel de formation ?

P.L. C’est une évolution positive qui rend plus concret et plus lisible l’effort de formation en monétisant le compte personnel de formation. Elle donne aux salariés les moyens d’oser, de s’engager dans un projet professionnel, d’exprimer leurs talents ou de les transmettre. Dans un contexte de bouleversement profond du marché du travail, des méthodes et des pratiques, la montée en compétences est un enjeu crucial. Cette modernisation du CPF doit permettre à chacun d’évoluer comme il le souhaite, mais aussi de saisir l’importance de la qualification.

Le CPF, outil du salarié, est-il aussi un ressort pour l’entreprise ?

P.L. Je crois que ce nouveau souffle apporté à la formation est l’occasion d’associer davantage les salariés aux orientations de leur entreprise. La réforme donne aux salariés et aux entreprises la capacité d’anticiper et de s’adapter en définissant en commun une stratégie de compétences. C’est une démarche de co-investissement autour d’une question-clé : comment faire évoluer les compétences individuelles dans une logique d’entreprise ?

Quels peuvent être les freins à lever ?

P.L. En s’inscrivant dans un plan de développement de compétences, le chef d’entreprise doit pouvoir se projeter vers l’avenir, évaluer ses besoins et partager sa réflexion avec le salarié. Il lui faut avoir la capacité à créer les postes correspondant à cette montée en qualification. Or, la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) n’est pas encore une pratique courante dans les TPE-PME. Par ailleurs, le salarié est-il prêt à se remettre en question, à détecter la formation qui lui correspond ? C’est au dirigeant d’initier ce dialogue et de mettre en avant les avantages d’une formation, qu’il s’agisse d’un parcours diplômant ou de validation des acquis de l’expérience. Le cercle est vertueux. L’élévation des compétences devient alors un levier d’émancipation, d’autonomie, de sens, de fierté, de lien social. Le salarié est intégré dans le processus de réussite de l’entreprise.

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