CEFA : tout le monde sur le pont !

Soultz-sous-Forêts/67

Lors des inondations en Allemagne et en Belgique l’été dernier, des ponts flottants ont permis de sécuriser les populations. La société CEFA conçoit et fabrique, depuis 1959, des systèmes de franchissement de ce type pour le génie militaire, dont 70 à 80 % sont vendus à l’étranger.

Pont ruban en acier en charge d’un char Leclerc © DRSur la vidéo de présentation de CEFA, le Steel Ribbon Bridge (SRB) ou pont ruban en acier se déroule sur l’eau avec la même fluidité et légèreté qu’un ruban ! Et pourtant il est capable de supporter le poids d’un char de 80 tonnes et d’un semi-remorque porte-char d'une masse de 125 tonnes. Développé à l’origine pour une utilisation logistique à l’export, il possède les plus hautes performances du marché et figure aujourd’hui sur la quasi-totalité des dossiers de candidature à des appels d’offres. Ces derniers émanent de l’Armée française, mais aussi de la Pologne, des Pays-Bas et du Bangladesh, à qui CEFA va livrer un premier pont flottant en ce début d’année.

« Meilleure stratégie export de l’année »

« Dans le domaine de la défense, qui est une fonction régalienne, la géopolitique peut déterminer l’issue d’un appel d’offres. Si la Russie ou l’Afghanistan sont bien évidemment rayés de notre listing clients, nous sommes soumis à l’autorisation du gouvernement français pour exporter, concède Frédéric Schmidt, président de CEFA. Souvenez-vous : en 2015, François Hollande avait par exemple annulé la vente de deux navires de guerre Mistral à la Russie. » Une contrainte, dont le constructeur s’accommode, puisqu’il réalise 70 à 80 % de son chiffre d’affaires à l’export depuis une dizaine d’années et a postulé aux Trophées Export de la CCI dans la catégorie « Meilleure stratégie export en 2021 ». Cette candidature emplit de fierté son dirigeant qui salue cette « belle mise en lumière de ses équipes et d’un savoir-faire qui mérite d’être mis en avant », non sans une pointe de chauvinisme.

Le tout premier engin amphibie

L’engin de franchissement de l’avant (EFA), le deuxième fleuron de la flotte de CEFA, a d’ailleurs été entièrement développé en France et pour la France fin des années 80, pour une utilisation purement tactique cette fois. Ce descendant du tout premier engin amphibie « Gillois » conçu dans les années 60 pour l’Armée française, est aussi maniable sur terre que dans l’eau. À l’image des Transformers, il se transforme en pont flottant capable de relier une berge à l’autre ou en bac de transport pour les chars les plus lourds, grâce à ses rampes qui se déplient et se replient sur elles-mêmes. Aussi agile qu’un bateau radiocommandé, son système de propulsion à effet d'eau lui confère une maniabilité exceptionnelle, une vitesse maximale sur l'eau de 14 km/h et une résistance aux courants les plus forts, au même titre que la vedette F2, combinable avec le Steel Ribbon Bridge (SRB). Mis bout à bout, les EFA peuvent former un pont de plusieurs centaines de mètres de long. Grâce à un contrat signé en 2018 avec la direction générale de l’Armement, CEFA est aussi devenu le fournisseur principal des équipements de déminage, le deuxième volet de son activité, pour les trois armées (armée de terre, de l’air et marine). En fonction de la taille du contrat et du nombre d’équipements vendus, l’entreprise privilégie les partenariats locaux, générateurs de flexibilité et de réactivité. Tout le monde sur le pont ! > D.K.

CEFA
1 route de Woerth à Soultz-sous-Forêts • 03 88 63 35 00 • cefa.fr
 CEFA SAS

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