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EIFHYTEC : Le pari de l’hydrogène

Strasbourg/67

Après s’être consacré à l’innovation dans la transition énergétique pendant onze ans au sein de l’institut de recherche EIFER à Karlsruhe, David Colomar a fondé, début 2019, une start-up dédiée à la mobilité électrique propulsée par hydrogène.

Projet de station-service à hydrogène © DR

Le développement commercial des véhicules électriques est encore lent en raison de leur autonomie limitée et du temps de charge des batteries. Il existe pourtant une technologie qui permet de s’affranchir de ces contraintes. Il s’agit de la pile à combustible alimentée à l’hydrogène. 25 000 véhicules (camions, cars, voitures) utilisant ce carburant propre circuleront cette année dans le monde (contre une centaine en 2013), notamment sous l’impulsion de Toyota et Hyundai. Le plein du réservoir se fait en trois minutes pour une autonomie de 400 à 500 km, le tout à un prix équivalent à celui d’un carburant traditionnel. Reste à créer un réseau de stations-service à hydrogène pour permettre l’expansion du parc de véhicules. « L’hydrogène est un carburant à forte densité, ce qui le rend très intéressant pour les transports. En revanche, il prend beaucoup de place. Il faut donc le comprimer pour pouvoir l’utiliser dans les réservoirs des véhicules. C’est la fonction principale d’une station-service à hydrogène », explique David Colomar, ingénieur en génie énergétique.

Une rupture technologique prometteuse

Le principal obstacle au développement des stations-service à hydrogène est le compresseur mécanique. En effet, il est cher, bruyant, coûteux en énergie et en entretien. « Pour cette raison, nous avons développé un compresseur thermique qui ne provoque pas de nuisances sonores, n’occasionne pas de fuites, n’use pas ses composants et dont les coûts d’investissement et de maintenance sont réduits », poursuit l'ingénieur. Une rupture technologique prometteuse lorsque l’on sait que le réseau mondial de stations-service distribuant de l’hydrogène passera de 432 en 2019 à 5 000 unités d’ici à 2032 et que le compresseur représente la moitié du coût. En attendant de pouvoir monétiser son concept, la start-up propose aux industriels et aux énergéticiens de les accompagner sur des projets d’ingénierie de compression de l’hydrogène en tant qu’assistant à la maîtrise d’ouvrage.

Produire en Alsace

Si Eifhytec affiche l’ambition de participer activement à la transition énergétique en développant une mobilité électrique durable, la start-up incubée chez Semia se veut également initiatrice d’une nouvelle filière industrielle d’excellence. « Nous avons le projet de construire une unité de production en Alsace du Nord afin de commencer la fabrication de nos compresseurs en 2021 », révèle David Colomar. Participer au développement économique régional, tout en contribuant à la transition énergétique, que peut-on espérer de mieux pour une start-up ? Patrick Heulin

Eifhytec
11 rue de l’Académie à Strasbourg 
www.eifhytec.com • info@eifhytec.com
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