Diversifié et prometteur : le luxe en Alsace

En dépit d’un ralentissement économique mondial, le secteur du luxe continue de briller en France et en Alsace. Ses perspectives de croissance impactent autant les grandes marques que les sous-traitants, souvent peu ou mal identifiés.

Repères

39,6 MD€

Le chiffre d’affaires de l’industrie française du luxe.

165 M

Le nombre d’emplois, directs et indirects concernés par le luxe en France.Source: Comité Colbert, 2014

 

Alors que l’on ne cesse d’évoquer la désindustrialisation de la France, l’industrie du luxe reste une industrie qui se porte bien. Le confirme l’étude réalisée en 2014 par le cabinet Deloitte (« Global Powers of Luxury Goods ») qui affirme la place de tout premier choix de la France au classement des acteurs du luxe.

« Les entreprises françaises représentent à elles seules 27,4% des ventes qui font de cette industrie un des fleurons de la compétitivité sur les marchés internationaux. Les 75 plus grands acteurs de l’industrie du luxe ont généré 171,8 Md$ de chiffre d’affaires en 2012, soit en moyenne 2,3 Md€ par entreprise ».

Le luxe porté par le prêt-à-porter, les bijoux et parfums

Les secteurs d’activités représentés dans l’industrie du luxe sont variés, incluant le prêt-à-porter, les accessoires, les bijoux et montres, les cosmétiques et les parfums. Selon Deloitte, les acteurs français se situent dans le haut du classement avec pas moins de 11 groupes dans le top 75. En tête du podium, le groupe LVMH avec Moët, Hennessy et Louis Vuitton, devance la compagnie financière suisse Richemont. Luxottica Group S.p.A. se situe en quatrième place après Estée Lauder alors que L’Oréal Luxe est septième.

Il semblerait que les perspectives de croissance se situent au niveau de la clientèle touristique et de l’omnicanal. Les grandes marques françaises ont déjà investi Internet et ce mode de distribution n’est plus perçu comme un élément de banalisation par les consommateurs et permet d’atteindre une clientèle plus jeune. L’export constitue une condition sine qua non de développement, du fait d’un engouement pour les marques.

De nombreux pays s’ouvrent désormais au luxe, à l’instar de la Chine, de la Russie et de l’Inde. En France, la baisse de l’euro face au dollar représente une bouffée d’oxygène pour les industriels qui vont regagner en compétitivité – les grandes maisons réalisant près de 86% de leur chiffre d’affaires à l’export –. Sur un marché en forte progression qui représente entre 90 et 140 Md€, le luxe français dispose ainsi de nombreux atouts et se voit offrir des opportunités de renforcer des positions déjà enviables.

© Nis&For

Promouvoir la filière du luxe en Alsace

« Facteur de compétitivité, le luxe représente un avantage concurrentiel que les entreprises ont tout intérêt à développer afin de garantir leur visibilité sur les marchés mondiaux », observe Thierry Provost, conseiller industrie à la CCI de Région Alsace. « Pour promouvoir les entreprises alsaciennes, nous participons à l’action collective commanditée par l’État, en association avec la Direccte Alsace. Notre objectif est de contribuer au développement économique local en aidant les entreprises à exporter et à innover.

« Une enquête est en cours auprès de l’ensemble des acteurs industriels alsaciens positionnés dans le luxe, afin de déterminer leurs besoins d’accompagnement. Menée par le consortium CeSAAr, elle nous permettra de mieux qualifier les actions à mener pour accompagner la filière, en somme très vaste puisqu’elle rassemble à la fois marques, fournisseurs de marques, sous-traitants divers. Des savoir-faire variés, souvent cachés. »

Une journée de l’industrie au service du luxe en Alsace

« En amont, une première « journée de l’industrie au service du luxe en Alsace » nous a permis de recueillir les attentes de 25 entreprises intéressées par la problématique du luxe et la création d’une filière. Parmi les suggestions recueillies, la création d’un portail ou d’un annuaire, la mise en place d’un club d’entreprises – qui pourrait être étendu à la région voisine pour certains métiers ». Au-delà de l’édition d’un annuaire de compétences, la CCI de Région Alsace proposera des journées d’information et des rencontres. Elles permettront de renforcer la collaboration entre entreprises et donneurs d’ordres pour mieux explorer le marché.

Des savoir-faire parfois cachés

En Alsace, on trouvera des filières d’excellence dans les pôles de compétitivité (comme le Pôle Véhicule du Futur, le Pôle Textile ou encore le Pôle Aménagement de la Maison), mais aussi dans les PME disposant d’expertises dans un matériau (bois, béton, métal). Ces entreprises ont mis au point une gamme d’objets avec l’aide d’un designer.

L’Alsace compte quelques entreprises emblématiques comme Lalique, Bugatti, la manufacture Zuber, etc. Elle dispose également de nombreux sous-traitants de maisons de luxe, comme les Tanneries Haas et Degermann, les emballages GA packaging et LANA Papiers Spéciaux, les textiles et matériaux souples ETC, Tricotage de Marmoutier et DHJ International.

Des alsaciens du luxe connus à l'international

Quelques marques en propre sont connues à l’international, à l’instar de Beauvillé et Heschung. Référencées et soutenues par la FREMAA (Fédération régionale des métiers d’art d’Alsace), une centaine d’entreprises du secteur de l’artisanat d’art sont également sous-traitantes ou créatrices pour de grands donneurs d’ordres du luxe.

Par exemple, le joailler Jean-Louis Roelly. Pour l’ensemble de ces acteurs, les enjeux consistent à pérenniser leurs emplois, leurs qualifications, notamment en transmettant leurs savoir-faire, garants du maintien de la créativité dans le secteur. Pour la CCI, l’action collective « L’industrie au service du luxe » présente l’opportunité de bien structurer la filière. F. H.

Sources : Cabinet Deloitte, étude mondiale «Global Powers of Luxury Goods», 2014, CCI de Région Alsace

Hermès, Chanel, Vuitton... Quelques grands du luxe servis par les Tanneries Haas (Eichhoffen) © Jean-François Badias

Industrie du luxe • Thierry Provost, conseiller industrie • 03 88 75 24 59 • Transmission de savoir-faire et apprentissage • www.apprentissage-alsace.eu