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Les entreprises de travaux publics d'Alsace craignent un effet domino

Elles organisent mardi 10 mars des opérations escargot pour dénoncer la baisse des commandes qui impacte toute la filière. Dans leurs revendications : rétablir la vignette poids-lourds dans la région.

La filière des entreprises de travaux publics, qui manifeste mardi 10 mars 2015, a aussi demandé la poursuite du projet de GCO et de requalification de l'A35. Photo JFBSi vous le pouvez, prenez votre vélo. Le train. Le bateau ? Tout sauf la voiture. Demain, mardi 10 mars, les différentes fédérations des entreprises de travaux publics d'Alsace (FNTR, SPRIR, SERCE, Tramaf, SRER, Canalisateurs de France...) organisent des opérations escargot. Dans le Bas-Rhin, ces cortèges partiront de Molsheim, Sarre-Union, Bouxwiller, Soufflenheim, Surbourg, Sélestat, Schweighouse-sur-Moder, Gerstheim et Oberschaeffolsheim dès 7h. Ils rejoindront Strasbourg vers 10h, au Wacken. Dans le Haut-Rhin, les convois partiront de Cernay, Colmar, Ensisheim, Neuf-Brisach, Huningue, Guebwiller, Altkirch et Hombourg. Arrivée prévue au Parc des expositions de Mulhouse à 10h30.

La crainte d'un effet domino sur l'ensemble de la filière des travaux publics

Ces entreprises de travaux publics expliquent avoir « été poussées à cette extrémité » en raison de la baisse des dotations de l'Etat vers les collectivités. Qui, par conséquent, programment moins de chantiers. Une baisse des commandes difficile pour ces entreprises et leurs salariés, dont la commande publique peut représenter jusqu'à 80% de leur activité. « Près de 50 000 heures de réduction d'activité [ou chômage technique] ont déjà été demandées et validées dans la région, a expliqué René Studli, président de la Fédération Nationale Travaux Public (FNTP) Alsace. A ce rythme, c'est toute la filière qui risque d'en payer le prix. » Au delà des entreprises de construction à proprement parler, gravitent bien d'autres métiers qui dépendent de cette activité : les entreprises de canalisation, de terrassement, de génie électrique et climatique... « 80% de notre production de granulat et de béton se destine aux travaux publics et au génie civil, » a illustré Vincent Tartaglia, président de l'UNISERM Alsace (union nationale des industries de carrières et matériaux de construction). L'organisation représente 141 entreprises et 2100 emplois directs en Alsace.

Relancer l'investissement et rétablir la redevance poids-lourds en Alsace

La filière a fait part de ses revendications. Première d'entre elles : « privilégier l'investissement, a martelé Jean-Luc Heimburger, président de la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin. Tous les autres pays européens privilégient l'investissement pour relancer l'activité. En France, c'est devenu une variable d'ajustement. » 
« Nous souhaitons également le rétablissement de la redevance poids-lourds en Alsace, a enchaîné René Studli. Aujourd'hui, ces véhicules étrangers traversent la région sans rien débourser. Qui alors va payer pour l'entretien du réseau ? » Autres revendications : l'avance de 20% dans le cadre des marchés publics, la suspension des marchés à procédures adaptées et des clauses d'insertion dans les appels d'offres de marchés publics. La filière a aussi plaidé pour la poursuite de la réalisation du GCO et la signature du contrat de plan Etat/région. Elle demandera demain un entretien avec le préfet à ce sujet.

L.D.          

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