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Yann Klis : «La culture start-up se diffuse enfin !»

L’association Alsace Digitale fédère et anime l’écosystème numérique en Alsace. Elle favorise l’émergence de nouvelles entreprises à travers des évènements, des communautés, son espace de coworking* et son centre de ressources « la Bidouillothèque ».

 

© Dorothée Parent

Comment se porte l’écosystème du numérique en Alsace ?

Objectivement, notre écosystème numérique est encore fragile : peu de levées de fonds et peu de start-up qui emploient plus de 10 salariés ou réalisent un chiffre d’affaires de plus d’un million d’€. Néanmoins, je pense que 2019 marquera un tournant avec des levées de fonds pour un premier, voire un deuxième tour de table. Je pense notamment à Epopia, le créateur d’histoires personnalisées pour enfants qui a levé 1,5 million fin décembre, mais aussi à AR24, un service d’envoi de lettres recommandées électroniques, à Chargemap, l’appli de bornes électriques, aux trottinettes en libre-service Knot, à InSimo dans la chirurgie 3D et aussi à ma propre entreprise Scalingo.

Bio express

2005
Créateur du studio de développement web Novelys

2010 
Cofondateur d’Alsace Digitale

2015
Créateur de la start-up Scalingo, plate-forme d’hébergement sur le cloud destinée aux développeurs

2017
Président d’Alsace Digital

Comment expliquez-vous cette situation ?

Nous ne disposons pas assez d’investisseurs locaux prêts à soutenir des jeunes pousses. Il y a aussi la difficulté à recruter des talents. La fermeture de l’École Nationale Supérieure d’Informatique pour l’Industrie et l’Entreprise (ENSIIE), qui formait chaque année 30 ingénieurs, est une mauvaise nouvelle, même si à terme l’Unistra et Télécom Physique devraient prendre le relais. En outre, les meilleurs développeurs sont parfois « aspirés » par des start-up parisiennes qui les emploient en télétravail. Je suis cependant convaincu que l’Alsace et Strasbourg en particulier disposent d’un environnement propice, surtout en s’appuyant sur nos domaines d’excellence comme les biotechs et parce que la culture start-up se diffuse enfin. De plus, la région Grand Est a donné une nouvelle impulsion à son dispositif de soutien en l’adaptant aux besoins évolutifs des start-up.

C’est un formidable étendard, qui, au-delà de la communication et de l’affichage politique, va permettre de légitimer des communautés existantes. Les entreprises labellisées comptent sur cette marque pour faciliter le recrutement de développeurs, accéder à des grands comptes et même partir à la conquête de marchés étrangers.

 

Quels sont les évènements majeurs de l’association ?

Le Startup Weekend de Strasbourg est sans conteste notre évènement phare. Il réunit, chaque année, environ 120 participants et fait émerger deux ou trois entreprises, dont une start-up, comme Hildr qui propose une nouvelle boisson à base de maté et Frippy, une place de marché de friperies. Autre temps fort de l’année, l’Hacking Industry Camp, un hackathon dédié à l’industrie. Des équipes s’affrontent pendant 54 heures pour concevoir des prototypes d’applications, d’objets connectés… C’est un espace-temps où les communautés se croisent et fourmillent d’idées avec pour objectif l’innovation, sous l’œil intéressé de grands groupes. Enfin nous organisons des Meetups mensuels autour de sujets centraux pour les start-up comme la levée de fonds, le recrutement, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) ou encore le paiement électronique.

* La Plage Digitale
15 avenue du Rhin à Strasbourg
alsacedigitale.org

» Propos recueillis par Patrick Heulin

06/03/2019Partager