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Thierry Omeyer : « Dans une équipe, la cohésion permet de se transcender »

Les valeurs du sport peuvent-elles s'appliquer en entreprise ? Entretien avec l'alsacien Thierry Omeyer, le Gardien du Paris-Saint-Germain Handball et de l’équipe de France.

Vous avez été élu plusieurs fois meilleur gardien mondial, à quoi attribuez-vous ces résultats ?

T. O. • D’abord à ma passion pour le sport. Né à Mulhouse, j’ai démarré le handball à l’âge de sept ans à Cernay. Je suis devenu gardien de but à 12 ans, et à 17, je jouais déjà en première division à Sélestat. Je suis resté dans ce club pendant près de six ans, avant de partir pour des périodes similaires à Montpellier, puis en Allemagne… Entraînements et persévérance qui m’ont permis d’arriver au plus haut niveau et d’y rester.

Ma première sélection au sein de l’équipe de France date de 1999. Depuis, il y eppn a eu 320. Pendant toutes ces années de travail, une remise en question permanente m’a permis de gagner et de durer. Le handball est un sport collectif, et au-delà des aventures individuelles, c’est un groupe capable de se surpasser et d’aller ensemble vers le même objectif. Les victoires dont je suis le plus fier sont les J.O. que nous avons remportés en 2008 et en 2012, mais aussi mes quatre titres de champion du monde et les trois de champion d’Europe.

Vous évoquez souvent l’état d’esprit de l’Équipe de France. Quelles sont les valeurs qui la fédèrent ?

T. O. J’apprécie énormément le super état d’esprit qui existe dans mon club, et a fortiori celui que j’ai trouvé au sein de l’Équipe de France. Les joueurs tirent tous dans le même sens, chacun des coéquipiers est exigeant envers lui-même et envers les autres. Une bonne préparation passe par le mental et le psychique – souvent aussi important que la présence physique sur le terrain. Comme dans tous les sports, c’est en cumulant les performances individuelles qu’on arrive au succès. Au-delà de l’expertise, bien sûr essentielle, la pratique du hand nécessite de l’humilité, du respect de l’autre, de l’exigence et de la patience. Toutes ces valeurs sont applicables au monde de l’entreprise.

Quels conseils donneriez-vous à un dirigeant ?

T. O. • Comme dans une équipe sportive, où les joueurs-cadres ont à intégrer des plus jeunes, il appartient aux dirigeants de créer les meilleures conditions qui feront que leurs collaborateurs se sentent bien dans leur fonction et soient performants. Le rôle du capitaine et celui du dirigeant sont les mêmes : intégrer coéquipiers et collaborateurs le mieux possible, en leur montrant qu’ils sont utiles à l’équipe. Si on leur fait confiance, ils rempliront correctement leur mission et seront même plus efficaces. Au manager d’avoir une vision juste de ses objectifs, de bien les anticiper et préciser à chacun sa fonction au sein du groupe.

En expliquant les résultats attendus, on arrive à tirer les personnes vers le haut. Chef d’équipe ou dirigeant doivent faire preuve de beaucoup de psychologie pour établir le dialogue avec leurs troupes. Chacun a son caractère, chacun évolue de façon différente dans un groupe. Il s’agit de s’adapter aux tempéraments – de les « prendre » en fonction de leur caractère – certains sont introvertis, d’autres extravertis. Il faut également pouvoir faire des concessions. Le sport collectif, c’est savoir vivre avec les autres, et c’est la cohésion qui permet de se transcender – on vit des moments très forts avec beaucoup de pression, d’attente quand on joue des matchs à gros enjeux – et de créer une osmose. La donne est la même en entreprise.

02/07/2015Partager